Vous êtes ici

Appel à contributions "Dire, raconter et faire voir le travail : modes de narration et pratiques du récit"

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email

Ajouter à ma liste de lecture

Pour son numéro à paraître en mars 2019, La Revue des conditions de travail lance un nouvel appel à contribution intitulé "Dire, raconter et faire voir le travail : modes de narration et pratiques du récit".

Appel à contributions de La Revue des conditions de travail

Représenter le travail, le raconter, le décrire, montrer des facettes inédites de celui-ci comporte des enjeux sociaux et symboliques conséquents. Telle est l’ambition ultime du numéro 9 de La Revue des conditions de travail qui paraîtra en mars 2019 : décrire les formes de mises en récit, leur signification sociale et analyser l’efficacité des dispositifs mobilisés pour transformer les conditions de travail.

Vous souhaitez contribuer ? Nous vous invitons à nous communiquer votre intention d’article avant le 30 septembre 2018.

Les modes d’expression concernés

Les contributions retenues pourront analyser les modes d’expression suivants sans que cette liste soit limitative :

  • L’expression directe par les salariés eux-mêmes de leur vécu professionnel
    Cueilleur de pommes, cheminot, agent territorial ou hospitalier, ingénieur, chauffeur de taxi, infirmière… tout un chacun a « quelque chose à dire » ou à montrer de son travail. Toute une littérature s’est développée récemment autour de l’expérience vécue des personnes au travail. Quel est l’impact de ces formes de narration sur les représentations du travail ? Est-il possible de dépasser la plainte et la subjectivité inhérente à une description personnelle pour améliorer les situations de travail ? Comment passer du témoignage à l’action et à une véritable pratique de transformation des situations de travail ? Cette mise en récit peut-elle permettre de consolider le dialogue social institutionnel ou favorise-t-elle au contraire la mise à l’écart de celui-ci ?
     
  • L'offre intellectuelle
    La mise en récit du travail passe également par une véritable offre intellectuelle qui donne de la visibilité aux situations concrètes et à l’expérience des travailleurs et des managers. Il y a sans doute loin de la situation décrite par Robert Linhart, dans les années soixante-dix, montrée par un ouvrage qui a exercé une forte influence sur la façon de se représenter le travail. Aujourd’hui, il n’y a plus « d’établi » à proprement parler mais des propositions pour mettre en forme l’expérience du travail. C’était le cas avec Pierre Rosanvallon et le Parlement des invisibles. Certes, il ne s’agissait pas ici seulement des récits du travail mais ceux-ci ont trouvé une place importante dans cette production. Plus près de nous, la coopérative « Dire le travail »2 a été créée en 2014 pour accompagner la narration des salariés qui, en quelques pages, « disent » ce qu’est leur travail. Que peut-on dire de ce mouvement qui entend d’abord soutenir l’activité d’écriture des acteurs du travail et, ensuite, en faire des ressources pour transformer les situations ? Est-il possible d’établir un bilan de ce mouvement et de réfléchir à l’efficacité de ces pratiques pour transformer les conditions de travail ? Enfin, est-il possible de favoriser des récits pluriels qui prennent en compte les différents points de vue afin de les concilier et de développer une action commune ?
     
  • Les ouvrages et des fictions qui prennent pour objet le travail et ses réalités
    Il existe aussi des ouvrages et des fictions qui prennent pour objet le travail et ses réalités. Là également le sens du dramatique peut l’emporter en accentuant la pénibilité des situations. Comment réfléchir à ce type de mises en récit et à l’efficacité (ou non) de la fiction dans la transformation des représentations qui donnent à voir la réalité du travail ? La question de la science-fiction peut pareillement être évoquée. Que sera le travail dans un avenir rapproché à la lecture de certaines utopies ? Faut-il, de ce point de vue, « désincarcérer le futur », comme nous y engage le collectif Zanzibar, et imager un monde « post-travail » ? En tout cas, l’exercice d’anticiper ce que sera le travail de demain permet de fixer un horizon qui peut s’avérer utile pour les politiques du travail et le management.
     
  • La mise en récit dans le règlement de litiges entre les acteurs sociaux
    De même, la mise en récit peut intervenir dans le règlement de litiges entre les acteurs sociaux. Le travail peut ici être montré, filmé ; il est alors donné à voir de celui-ci ses opérations au quotidien pour montrer sa pénibilité ou l’inadéquation des prescriptions à la réalité des situations. Les propositions retenues feront état d’expériences narratives diverses – film, chroniques d’activité – et de leur utilité dans des scènes sociales particulières (CHSCT, par exemple). Qu’en est-il dans l’entreprise alors que nous sommes dans un contexte où des narrations plurielles, voire opposées peuvent se superposer ou s’affronter ? Raconter le travail n’est pas une opération neutre. Existe-t-il, de ce point de vue, des narrations multiples qui engagent ce que l’on désigne par « partenaires sociaux » dans les organisations ?
     
  • Les usages et les moyens utilisés
    Quels sont les usages et les moyens utilisés dans les modalités de mises en récit ? De nouvelles opportunités de diffusion des récits sont offertes par internet : blogs, forums, twitter, etc. Les différentes « chroniques du travail » sont facilitées par ces nouveaux moyens d’écriture, de films et de diffusion. Quel est alors l’impact potentiel de ces modes de narrations dans des contextes sociaux qui peuvent se tendre rapidement ? Il s’agit ici de faire état de différentes expériences d’utilisation de ces nouveaux vecteurs en lien avec les transformations que connaît le travail.

Les contributions retenues prendront deux formes :

Des réflexions sur la façon dont le travail est représenté dans différents supports : littérature, cinéma, théâtre, internet, peu importe que cela soit de la fiction ou du documentaire. L’enjeu consiste ici à réfléchir à la signification sociale et discursive de la mise en représentation du travail, particulièrement dans les situations de transformations que connaissent aujourd’hui les entreprises.

  1. Des récits courts de situations de travail ou d’essai narratif sur le travail lui-même et sa signification pour les acteurs. Une sélection des meilleurs récits trouveront leur place dans la revue.
  2. Représenter le travail, le raconter, le décrire, montrer des facettes inédites de celui-ci comporte des enjeux sociaux et symboliques conséquents. Telle est l’ambition ultime de ce numéro 9 de La Revue des conditions de travail : décrire les formes de mises en récit, leur signification sociale et analyser l’efficacité des dispositifs mobilisés pour transformer les conditions de travail.
     

Télécharger l'appel à contribution complet